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Depuis 1992, le Centre Multimédia organise chaque année, dans le cadre du « Festival International du Film Indépendant », une Rencontre Européenne en collaboration avec le Centre Francophone de la Langue des Signes, sur un thème directement lié aux problèmes rencontrés par les sourds dans la vie quotidienne. C’est un événement militant au service d’une meilleure prise en compte des besoins et intérêts des sourds en Belgique et en Europe. Ces rencontres ouvertes à tous rassemblent des personnes sourdes et entendantes qui partagent des informations, élaborent des stratégies, collaborent à atteindre des buts communs. Les témoignages qui seront partagés révèleront des faiblesses, des forces, des capacités, des douleurs, des joies, des incompréhensions, des moments de solitude et des bonheurs. Ces vécus nous permettent d’avancer, de toujours mieux se connaître pour mieux se comprendre. Nous espérons ainsi réveiller l’intérêt du public et des politiques. Que le rideau se lève…

UN LOGO-SYMBOLE, SYNONYME DE SOLIDARITE

Dès la première rencontre Européenne 92, les organisateurs avaient choisi un logo symbolique d’une Rencontre Internationale qui se voulait une initiative conviviale et solidaire entre le monde des entendants et celui des sourds. Depuis, ce logo simple et facile à exprimer par chacun de nous a été conservé. Il signifie «je t’aime», message universel et qui est le même signe dans toutes les langues des signes de la planète.

HORAIRE DE LA JOURNÉE

 

9h30 : Accueil des participants

 

10h15 : Ouverture officielle de la Rencontre

 

10h30 : Le besoin énorme de dire qui nous sommes

 

12h15 : Remise du Prix Regard 2009

 

14h : Comment trouver sa place ?

 

15h15 : Clôture de la journée par les animateurs

 

15h30 : Compétition spéciale : LA CREATION FILMEE DES SOURDS

 

LIENS

CENTRE FRANCOPHONE DE LA LANGUE DES SIGNES

 

http://www.cfls.be

 

18e RENCONTRE EUROPEENNE : LES SOURDS ET L'IMAGE - L'IMAGE DES SOURDS, TOLERANCE, INTEGRATION

SAMEDI 7 NOVEMBRE 2009

de 10 à 18h



Centre Culturel Jacques Franck

Chaussée de Waterloo, 94

1060 Bruxelles



OUVERT A TOUS – ENTREE GRATUITE


Organisée par le Centre Multimédia de la Communauté Française,
le Centre Francophone du Langage des Sourds (CFLS) et le Centre Média Sourds (CMS)

 

THEME 2009 : SOURDS, QUI SOMMES-NOUS ?

 

1) LE BESOIN ENORME DE DIRE QUI NOUS SOMMES

 

Nous commencerons par la diffusion de deux extraits du documentaire « Sourds et malentendus ». Cette vision sera suivie des interventions de Sandrine Herman, auteur et comédienne, et d’Igor Ochronowicz, réalisateur.

 

Nos représentations sont diverses, mais pour les sourds les barrières de communication avec le monde des entendants créent de grandes frustrations et parmi elles, un besoin énorme de dire « qui nous sommes ». C’est la raison pour laquelle Sandrine, sourde de naissance, a choisi de raconter son histoire avec la volonté de nous faire partager sa vision du monde avec un regard intérieur. En suivant son parcours de la naissance à l’âge adulte et au fil des témoignages, nous découvrons un univers où rien n’est facile pour Sandrine : Le regard des autres, la scolarité, les apprentissages, la rééducation, la socialisation. Tout conduit à vouloir réparer cette petite fille, à faire en sorte qu’elle se rapproche de la norme : entendre et parler. Et s’il y avait une autre voie possible ? Face à l'euphémisme "malentendant" qu'a imposé le politiquement correcte, elle revendique le fait d'être tout simplement sourde et que cela ne soit ni un manque ni un handicap mais seulement une différence au même titre que bien d'autres. Imaginez que vous passiez une vie à être défini par une idée que la majorité a de vous dans le "mal-quelque chose"… »... Pour Sandrine, le malentendu a commencé dès son plus jeune âge, lorsque ses parents ont perdu le lien avec elle le jour où ils ont compris qu'elle était vraiment sourde. « La plupart du temps, être atteint de surdité, c'est être véritablement handicapé du langage de la parole, explique le psychanalyste André Meynard. Ceci est bien sûr complètement abusif et tout à fait partial, puisqu'un petit enfant est parfaitement à même de prendre parole au travers de la gestuelle…

 

Ce film propose une rencontre avec un monde où la langue des signes est bien vivante, où la langue est porteuse d’identité, d’histoire et de culture. « Mais il n’y a pas deux mondes », comme nous le dit Sandrine, « les sourds et les entendants peuvent vivre ensemble et s’accepter avec leur différences ».

 

 

2) COMMENT TROUVER SA PLACE ?

 

Le public assistera à des petites situations théâtrales, le théâtre de la vie en quelque sorte avec ses comédies et ses tragédies.

 

Il y a ceux qui ne se sentent pas appartenir au monde sourd ou qui mettent un point d’honneur à ne pas faire de signes. Il y a ceux qui appartiennent délibérément au monde sourd, mais qui préfèrent vivre en marge, chez soi selon le vieil adage « pour vivre heureux, vivons cachés ». Il y a aussi les sourds conquérants qui quittent leurs chantiers, leurs ateliers, leurs bureaux pour enseigner leur langue aux entendants et s’impliquer dans l’enseignement des jeunes sourds. Ils s’efforcent de transmettre à toutes les personnes concernées pas la surdité en même temps que leur langue, leur conviction et leurs espoirs. Ils refusent la marginalisation et la médiocrité de tout système. Il y a les sourds qui critiquent mais n’agissent pas. Ils se montrent réticents à la participation, sont incapables de recul, manquent d’objectivité, ne prennent que le négatif, bloquent les bonnes volontés. Et il y a tout ceux qui voudraient mais ne savent pas comment ?

 

Comment donc trouver sa place ? On la trouve en critiquant ? On la trouve en respectant le patrimoine ? On la trouve en s’intégrant ? Les questions sont nombreuses mais c’est en tout cas un combat qui doit être collectif. Toutes les initiatives doivent être encouragées, valorisées. Loin d’un militantisme extrémiste, sans tomber dans les travers, il faut intensifier les processus de réactivité. Il faut créer une société où chacun peut agir en toute indépendance, dans le plus grand respect de l’autre. Apprendre à vivre ensemble, c’est aussi apprendre à s’autocritiquer, à s’auto-analyser.

 

La parole des signes est au cœur de notre journée...

LES THEMES ABORDES DEPUIS 2002

Rappelons les thématiques abordées depuis la création de ces Rencontres. En 1992 : « La vidéo : une communication pour les sourds ». En 1993 : « Une politique audiovisuelle pour les sourds ». En 1994 : « La vidéo : un outil d’information pour les sourds / sourds – information et culture ». En 1995 : « L’enfant sourd ». En 1996 : « La communication entre sourds et entendants ». En 1997 : « Diversité et richesse des langues des signes ». En 1998 : « Les multiples facettes des personnes sourdes : psychologie et surdité ». En 1999 : « Vie de famille et surdité ». En 2000 : « Surdité, Éducation et Enseignement ». En 2001 : « Pour l’égalité entre Sourds et Entendants ». En 2002 : « Langue des signes, langue vivante, vers une ou des langues des signes ? ». En 2003, «Quel avenir pour les sourds dans notre société ? ». En 2004, « Vers plus de compréhension entre sourds et entendants ». En 2005, « Elever un enfant sourd ». En 2006, « Parents sourds, enfants entendants : quelle relation, quelle éducation ? ». En 2007, « Sourds-Entendants : regards croisés sur nos cultures. En 2008, « Place des sourds dans la société : Accueil, tolérance, intégration ».

 

 

Chaque année, la journée des « Sourds et de la vidéo » se veut être un espace de parole, un « passeur », faisant circuler les informations, les idées et les réflexions des uns et des autres.

 

Au fil des ans, nous avons perçu l’importance de ne pas considérer la surdité comme un accident affectant l’individu mais comme son existence même. Et cela nous a permis d’aller à l’écoute de l’autre, de se placer du côté du vécu. Si la singularité, le fait d’être sourd, est considéré comme un échec, le jugement porté sur elle sera négatif. Si au contraire, nous la considérons comme une aventure, sa valeur positive aura pour condition sa capacité à s’adapter à la vie. En ce sens, la langue des signes et les modes de vie que les Sourds entretiennent entre eux et avec les entendants prennent en compte les mille et une manières de vivre. Les sourds sont des révélateurs car ils permettent d’apercevoir combien tout ce qui paraît aller de soi dans l’organisation sociale n’est que le fruit de choix sociaux qui auraient pu être autres. Ces révélateurs deviennent le miroir d’une société qui découvre à travers eux ce qu’elle ignore d’elle-même.

 

Il ne faut pas s’obstiner contre ce face à quoi on ne peut rien (la surdité) mais agir là où on peut faire quelque chose (la société). Inutile également d’écraser l’autre, de vouloir crier plus fort que lui voire de saboter ses projets. L’autodestruction, la jalousie ne mènent nulle part. Vivre en société, c’est donc vivre ensemble et se respecter, dialoguer et être à l’écouter des autres. Et pour paraphraser Terry Riley, « pas la peine d’attendre qu’on vienne vous chercher, retroussez vos manches et agissez ! ».

 

PRIX REGARD 2009

Dans le cadre du Festival 93, les organisateurs ont créé un prix spécial attribué chaque année à une personnalité dont une initiative a favorisé l’intégration des sourds. Ce prix a pour but de récompenser une action particulièrement prometteuse et efficace visant à une meilleure intégration des sourds dans la société, afin d’encourager les efforts de ceux qui marquent par des faits concrets un réel progrès dans la communication avec les sourds. L’annonce et la remise du Prix Regard 2009 se déroulera dans le cadre de la journée du samedi 7 novembre 2009.

COMPETITION SPECIALE : LA CREATION FILMEE DES SOURDS

Parallèlement, une compétition internationale de vidéos se déroulera dans le cadre du Festival, sous le titre «La création filmée des sourds. » Les organisateurs du « Festival International du Film Indépendant» de Bruxelles ont décidé depuis 1991 d’ouvrir largement les portes de la Compétition internationale à la création vidéo des sourds. Le but est de permettre aux sourds de communiquer par l’image, à armes égales avec les entendants. Par le langage universel des images, ces vidéos seront le regard véritable des sourds sur notre société et sur les problèmes spécifiques qu’ils y rencontrent. La compétition présentera les productions réalisées par des sourds et d’autre part, des films réalisés par des entendants sur le monde des sourds.

ANIMATEURS DE LA RENCONTRE

Josette Rasquinet, Administratrice du Centre Francophone de la Langue des Signes et Robert Malengreau, Directeur du Festival.

PRESIDENTE D'HONNEUR

L'actrice française Emmanuelle LABORIT